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 Ex-libris de Madeleine Berthault

 Introduction

 La bibliothèque de Madeleine Berthaud à la Bibliothèque Mazarine

 

Madeleine Berthault,
un personnage mal connu

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    Les informations disponibles sur Madeleine Berthault, qui se prénommait en réalité Anne Madeleine, sont finalement bien rares : les principales sources sont les archives de l’état-civil, les lettres qu’elle a envoyées à Marcel de Porto-Riche (Bibliothèque nationale de France, département des manuscrits), son journal (Bibliothèque Marguerite Durand, Paris) et diverses indications que l’on retrouve dans les ouvrages donnés à la bibliothèque Mazarine. Enfin des documents issus d’une collection privée fournissent d’importants renseignements complémentaires.

    Ses origines et son entourage familial, sont assez bien documentés. Du côté de son père, elle descend d’une famille de riches armateurs protestants de La Rochelle ruinés par la révolte de Saint Domingue et le blocus sous l’Empire. Son père, Eugène Anne, un homme de lettres né lui-même à Rochefort le 29 août 1844, de père inconnu etd’Anne Lydie Berthault, âgée de 20 ans, est monté ensuite à Paris pour subvenir à ses besoins. Reçu à l’École normale supérieure, section lettres, en 1864, il est agrégé de lettres en 1872 et docteur en 1875 en soutenant une thèse sur Mathurin Cordier et l’organisation de l’enseignement chez les premiers calvinistes. Devenu professeur, il est l’auteur d’un petit nombre d’ouvrages et manuels d’humanités et de lettres classiques, et d’une monographie sur Jacques Saurin et la prédication protestante à la fin du règne de Louis XIV.

    Divorcé, il vit quelque temps chez sa mère avenue des Ternes puis se remarie, d’abord par contrat le 8 juillet 1880 puis au civil le 31 juillet suivant avec Thérèse Morpurgo, née le 25 septembre 1842 à Paris, la mère de deux de ses élèves. Celle-ci, veuve du musicien italien Salvatore Cesare Tamburini (mort en 1870), dont Eugène Berthault était proche, descend d’une famille juive convertie au catholicisme, et, par sa mère, du chanteur lyrique Bordogni. Son père, Victor Morpurgo, tenait un salon où il recevait notamment Lamartine, Girardin et Ampère.

    C’est dans cet environnement que naquit en Madeleine Berthault au domicile parental 18, rue Miromesnil dans le 8e arrondissement de Paris, résidence de sa mère avant le mariage. Elle a donc des ancêtres d’origines géographiques et religieuses variées même si elle se considère plutôt comme une protestante non pratiquante. Issue d’un remariage, sa famille « recomposée » est finalement assez vaste puisqu’elle a cinq frères et sœurs dont trois plus âgés qu’elle : Victor, Nina et Chino (Joachim) Tamburini, puis Jeanne et Suzanne Berthault. Elle partage alors son enfance et adolescence entre Paris (où les Berthault habitent désormais 28 rue de la Tremoille) et la campagne à Dampmart (Seine-et-Marne), où son père a acheté une propriété estivale.

    Non scolarisée, Madeleine est instruite à domicile, en particulier par son père qui lui inculque les auteurs antiques mais meurt alors qu’elle n’a que 13 ans. Vivant séparément de ses demi-frères, elle demeure pourtant très liée à eux, notamment à Chino. Elle noue une solide amitié avec Marcel de Porto-Riche, né en mars 1881, fils de Georges, célèbre dramaturge de l’époque. La mort du prometteur jeune journaliste avant-gardiste en février 1905 met fin à une correspondance intense et régulière dans laquelle ils échangeaient critiques et suggestions au sujet des spectacles parisiens et des ouvrages à lire.

    Le journal intime de Madeleine Berthault s’interrompt à son tour brutalement au milieu d’une phrase alors qu’elle est visiblement engagée dans un processus spirituel de conversion au catholicisme. C’est que la jeune femme décède brutalement à vingt-cinq ans le 15 décembre 1906 à la suite d’une crise d’appendicite mal prise en charge. Sa mère cherche alors à immortaliser le souvenir de sa fille et effectue des démarches auprès de plusieurs bibliothèques parisiennes, dont la Mazarine, en vue de faire un don des livres de Madeleine. Or quelques mois auparavant Georges de Porto-Riche s’est vu confier la direction de la Bibliothèque Mazarine (décret du 17 juillet 1906), et, dans une réponse aux accents touchants (7 février 1907), propose à madame Berthault d’associer la mémoire des deux jeunes gens et amis défunts, lui-même pensant donner à la bibliothèque les livres de Marcel. Ces dons concertés sont concrétisés peu après car les inventaires d’entrée en sont réalisés à partir d’avril 1907.

     

     

    portrait phtographique annote de 1904

    (coll. particulière)

     

    1- Ex-libris manuscrit autographe, dans: Edouard de Barthélemy, La marquise d’Huxelles et ses amis…, Paris 1881 (8° 63970).

    2- Vignette ex-libris gravée, dans: Lettres, mémoires et négociations particulieres su chevallier d’Eon…, Londres , 1764 (8°63933).

    3- Ex-libris dessiné par Anne Madeleine Berthault, dans: Mémoires secrets de Bachaumont revus et publiés avec des notes et une préface par P. L. Jacob, Paris, 1874 (8°64053).

     

     

     

    Travail réalisé par Amaury Toulouse, avec la collaboration de Dominique Leduc pour la saisie de l'inventaire, sous la direction de Christophe Vellet..

     

 


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