La description des principales pierres gravees du duc d'Orleans
La description des principales pierres gravées du cabinet du duc d'Orléans




 
Biographie de l’abbé Leblond (1738-1809)



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signature de l'abbe Leblondsignature de l'abbé Leblond

   Gaspard Michel dit Le Blond ou Leblond, est né à Caen le 24 novembre 1738. Après des études à la Faculté des Arts de Caen, il vient à Paris où il obtient un doctorat en théologie en 1762. Il devient alors le secrétaire d’un des plus grand numismates du temps, Pellerin. Ses succès lors des concours de l’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres (lauréat de quatre prix successifs entre 1768 et 1772), le font connaître : en 1770, il est choisi par l’abbé de Vermond pour succéder à Molé comme sous-bibliothécaire du collège Mazarin (c’est-à-dire de l’actuelle Bibliothèque Mazarine) et, en 1772, est élu membre associé de l’Académie qui l’avait couronné.

Un érudit
Les vingt années suivantes sont consacrées à ses tâches de sous-bibliothécaire, d’abord de l’abbé de Vermond puis, à partir de 1778 de l’abbé Hooke, et à ses recherches savantes. Outre nombre de mémoires lus à l’Académie et quelques articles dans le Journal de Paris, il publie notamment durant cette période des Observations sur quelques médailles du cabinet de M Pellerin, Paris 1774  et une Description des principales pierres gravées du cabinet du duc d’ Orléans, Paris 1780-84 (avec l’abbé de La Chau), donne une seconde édition de Winckelmann, rassemble une série de textes relatifs à la querelle des Gluckistes et des Piccinnistes, participe sans doute à la publication de l’Origine de tous les cultes de Dupuis et à celle des licencieux Monumens de la vie privée des douze Césars et Monumens du culte secret des dames romaines, Caprée (Paris), 1780 et 1784.

le goût du pouvoir
L’abbé Hooke ayant refusé en 1791 le serment que l’on exigeait des fonctionnaires publics, Leblond le remplace à la tête de la Mazarine. En 1790, il est nommé secrétaire de la « Commission des monuments » ou
« Commission des savants » instituée par l’Assemblée constituante pour inventorier et sauvegarder les richesses artistiques, scientifiques et littéraires devenues propriété de l’Etat, en raison notamment de la nationalisation des biens du clergé.

Conserver les biens nationaux
Il demeure ensuite membre de presque toutes les commissions qui lui succédent jusqu’à l’avènement de l’Empire et nous apparaît, dans ce contexte, comme l’un des inspirateurs et le principal rédacteur de plusieurs instructions, dont celle du 15 mai 1791 « pour procéder à la confection du catalogue de chacune des bibliothèques sur lesquelles les directoires ont dû ou doivent incessamment apposer les scellés » ; ce rapport fut à l’origine de la grande entreprise de catalogage sur cartes à jouer des bibliothèques confisquées à Paris et en province, qui devait aboutir à une «bibliographie universelle», restée inachevée.
Dans le même temps, Leblond assure la sauvegarde et le transfert vers les collections nationales de plusieurs grands ensembles patrimoniaux, tel le trésor de l’abbaye de Saint-Denis, et fait partie, en 1794, du groupe de savants chargés de procéder aux saisies scientifiques et artistiques en Belgique, Hollande et Allemagne. Il prend surtout une part déterminante dans le projet de création, en faveur de son protégé Alexandre Lenoir, du Musée des monuments français.
Pour autant, l’abbé Leblond n’oublie pas la bibliothèque dont il a la charge et réussit à lui faire attribuer en nombre livres et mobilier, parvenant à augmenter de façon spectaculaire ses collections qui passent de 60.000 à plus de 130.000 volumes (parmi lesquels plusieurs milliers de manuscrits enluminés provenant des abbayes parisiennes, des éditions rares, de somptueuses reliures …); il meuble enfin la salle de lecture en y déposant commodes, gaines, bustes et lustres qui en font aujourd’hui encore l’incomparable ornement.


Nommé en 1799 par le Sénat conservateur membre du Corps législatif, il en démissionnera deux ans plus tard ; c’est à peu près à la même époque que, renonçant à ses fonctions à la Mazarine (où il ne sera formellement remplacé comme administrateur qu’en 1805 par Palissot), il quitte Paris pour se retirer à L’Aigle. C’est là qu’il meurt, le 17 juin 1809, après avoir, dit-on, brûlé tous ses manuscrits.


cul de lampe   


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