detail du lustre
lustre, detail

 
Objets d'art


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  L’influence de Leblond lui permit d’obtenir pour sa bibliothèque, qu’il imaginait le centre d’un grand établissement scientifique, et qui devait être somptueusement décorée, l’attribution d’objets d’art confisqués[1].
Deux commodes, « vestiges précieux et rarissimes du mobilier de Louis  XIV » (Pierre Verlet) payées à André-Charles Boulle en 1708-1709 et destinées à Trianon,  ornèrent la salle de lecture jusqu’en 1932, elles furent prêtées pour une exposition au château de Versailles, où elles se trouvent toujours. Leur sauvetage est dû au conservateur de la Mazarine.
Leblond réussit aussi à se faire attribuer par le dépôt de Nesle sept admirables lustres de bronze doré : deux paires de lustres début XVIIIe saisis chez le duc de Brissac, un lustre Boulle isolé provenant de la maréchale de Noailles,  et les deux somptueux lustres provenant du château de Crécy de Madame de Pompadour. Entrèrent aussi à la bibliothèque, venant de la rue de Beaune, de beaux exemples de mobilier de la fin du XVIIIe siècle : deux grands meubles en bois d’acajou et deux petits meubles assortis, attribués à Riesener, provenant de la marquise de Brunoy, une table de bois d’acajou avec son pied saisie chez le comte d’Angiviller et une table en acajou en trois parties, saisie chez « l’émigré Conty rue de Grenelle ».
Toujours sous le prétexte de l’utilité –à une bibliothèque il faut des tables et des encriers – fut attribué une « écritoire chargée de cartouches et d’ornements »  saisie chez le prince de Condé. Objet utilitaire aussi, la cheminée à décor « scientifique » provenant du cabinet de curiosité de Pajot d’Onsenbray ? Quant à la « grille dorée » nécessaire à la sécurité de la Bibliothèque, il s’agissait de la splendide grille de Saint-Germain l’Auxerrois, réalisée en 1767 par Pierre Dumiez, que Leblond obtint sans peine de son protégé Lenoir, mais qui fut restituée en 1812. Il s’agissait là d’objets isolés.

Il obtint  l’autorisation de choisir « le nombre de bustes en marbre ou en bronze qu’il jugera convenables pour l’ornement de ladite bibliothèque avec un nombre égal de cippes ou gaines ». Cette collection de près d’une centaine de bustes, toujours conservée à la Mazarine, mériterait de faire l’objet d’une étude spéciale [2]. Les provenances (Mazarin, Richelieu, la salle des Antiques du Louvre, Sceaux) et l’intérêt de certains des bustes sont remarquables. Le buste en bronze de Richelieu par Varin et la belle Minerve provenant de Saint-Germain des Prés, le buste de Mazarin par Lerambert furent rejoints par plusieurs bustes en terre cuite des meilleurs artistes de la fin du XVIIIIe siècle, saisis notamment chez le comte d’Angivillier : Benjamin Franklin par Caffieri, Buffon par Pajou, Daubenton par Lecomte, et le Peiresc de Caffieri destiné à orner la salle de réunion de l’Académie des Inscriptions.
Eléments traditionnels du mobilier de bibliothèque, les globes n’étaient pas moins indispensables : le globe céleste de Coronelli est toujours en place. L’énorme globe terrestre de 10 pieds, commande royale de Louis XVI à Le Clerc et Robert de Vaugondy a été déposé à l’Observatoire en 1885.

      

Buffon par Pajou / Daubenton par Lecomte / Peiresc par Caffieri, 1787 / Commode d'après antique

[1] I. de Conihout, « La Bibliothèque Mazarine sous la Révolution : une seconde naissance », dans « Trésors méconnus, la Bibliothèque Mazarine », L’Objet d’art, n°334, mars 1999, p. 33-39

[2] P. Gasnault, « Bibliothèque Mazarine », dans « Inventaire des richesses d'art de la France, Monuments civils », n°14, pp. 305-325, s.d. L'inventaire des bustes, dernier inventaire publié, a été réalisé par Théodore Berrier.


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