Introduction

 Portrait de Lebrun

 Images de l'Académie française  Aperçu de la vie littéraire
 
Pierre-Antoine Lebrun
Sa vie


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Pierre-Antoine Lebrun est né à Paris le 29 décembre 1785. Il se lance dans la littérature de bonne heure, puisqu'il ébauche à l'âge de douze ans une tragédie : Coriolan. Il envoie ses premières compositions à François de Neufchâteau qui, appréciant son travail, lui permet d'entrer au Prytanée, un grand collège parisien. Il étudie avec succès et, pendant un cours de rhétorique où il remplace le professeur absent, il a la grande surprise de voir arriver le premier consul et sa femme, venus assister à la leçon. Le directeur du Prytanée, M. Crouzet, remarque les dispositions littéraires de Lebrun et l'écrit dans une lettre du 18 août 1802 : "Je ne doute pas qu'un jour il ne tienne dans la société un rang aussi honorable que celui qu'il occupe dans le collège. Je dirai plus, sans crainte de me tromper, quoiqu'un père aime à se flatter sur le compte de ses enfants. Je le regarde comme destiné à la postérité." (Carton 1, liasse 1, lettre 9).

Lebrun se fait remarquer grâce à un malentendu. En l'honneur de l'empereur, il écrit une Ode à la grande armée en 1805. Napoléon en est enthousiasmé et remercie le poète en lui accordant une pension. Mais cette récompense parvient à un autre écrivain, Lebrun-Pindare, un poète révolutionnaire. S'apercevant de cette méprise, Napoléon maintient la première pension et en donne une seconde au véritable auteur de l'ode. Il continue d'écrire et, en 1817, il remporte un prix académique avec son Epître sur le bonheur de l'étude. A ce même concours participait Victor Hugo, âgé de quinze ans seulement.

Son véritable succès, il l'obtient avec Marie Stuart, pièce jouée en 1820, qui est une reprise de Schiller. Il part peu de temps après pour la Grèce, pays qu'il admire et qui lui fournit la matière du Voyage en Grèce, publié en 1827.

En 1821, il écrit un poème sur la mort de l'Empereur, Ode sur la mort de Napoléon, ce qui lui vaut un retrait de sa pension de 1805. En 1825, il revient au théâtre avec Le Cid d'Andalousie, mais le succès n'est pas au rendez-vous.

Lebrun est élu à l'Académie française en 1828, au fauteuil de François de Neufchâteau. En 1831, il est nommé directeur de l'Imprimerie royale, fonction qu'il occupe jusqu'en 1848, car "au lendemain de février, quand le gouvernement provisoire envoyait un de ses agents occuper ma place, [les ouvriers] tous ensemble allèrent à l'hôtel de ville réclamer leur chef. Une émeute, j'en demande pardon à l'ordre, me remit immédiatement à la place où cependant mes opinions ne me rappelaient pas, et que j'ai dû quitter bientôt de moi-même par un sentiment de conscience et de dignité." Il devient aussi directeur du Journal des Savants, en 1839, avec des collaborateurs tels que Sainte-Beuve ou Victor Cousin.

Lebrun traverse le siècle et les différents régimes politiques tout en récoltant les honneurs : il a été chevalier de la Légion d'honneur, conseiller d'Etat, sénateur. Il s'est beaucoup investi auprès de ses amis, de nombreux artistes et personnes en difficultés, pour les aider et les conseiller.

Lebrun est mort le 27 mai 1873 à l'âge de quatre-vingt-huit ans.


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