Introduction

 Portrait de Lebrun

 Images de l'Académie française  Aperçu de la vie littéraire
 
Pierre-Antoine Lebrun
Son oeuvre


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Lebrun a marqué la transition dans ses oeuvres entre le classicisme et le romantisme. Son premier grand succès théâtral est Marie Stuart, considérée comme la première victoire du romantisme. Il reprend Schiller, tout en modifiant la pièce et il en fait quelque chose de plus personnel. La pièce fait un triomphe. Dès le lendemain de la première représentation, le 6 mars 1820, Lebrun écrit à un de ses amis, M. Duparquet, absent lors du spectacle, pour lui dire de quelle façon s'est déroulée la soirée : "Victoire ! Victoire ! Marie Stuart a été jouée hier soir. [...] Figurez-vous un public pleurant, applaudissant, criant et dans les moments de silence une attention profonde, de l'étonnement, de l'effroi. [...] Soyez reconnaissant envers Talma. Embrassez-le de loin si vous pouvez. Il a été admirable, nouveau, étonnant." (Carton 3, liasse 1, lettre 32). Talma est un acteur de la Comédie française, que Lebrun admire beaucoup et qui tient le haut de l'affiche de Marie Stuart.

Avant la fin de ce même mois de mars, c'est son éditeur qui lui écrit pour lui annoncer une bonne nouvelle :

"Nous manquons à vendre depuis hier soir, les deux premiers milles ayant été épuisés en vingt-quatre heures. Nous espérons en avoir ce soir et cela ne dépend que de M. Didot qui a eu la complaisance de mettre neuf presses dessus." (Carton 3, liasse 1, lettre 57).

La seconde pièce la plus connue de Lebrun est Le Cid d'Andalousie (1825), qui lui cause plus de soucis que de bonheur. Tout d'abord la censure donne difficilement l'autorisation de jouer la pièce, puis c'est la Comédie française qui ne souhaite plus la représenter. Pour cela, les membres du comité évoquent la menace des intérêts de la compagnie et disent que Mlle Mars ne peut avoir de rôle dans une tragédie. Dans une longue lettre datée du 7 juillet 1824, Lebrun leur répond et défend sa pièce : "Je n'ai plus qu'un mot à vous dire, Le Cid d'Andalousie ne sera pas joué. Je renonce à faire représenter l'ouvrage auquel j'attachais mes espérances, auquel vous aviez attaché les vôtres. J'y renonce parce que je ne veux pas renoncer à mes droits et trahir ainsi en ma personne, ceux de tous les auteurs. J'ai le droit de distribuer les rôles de ma pièce comme il me plaît et de la manière qui me paraît lui être plus avantageuse. J'ai donné le rôle d'Estrelle à Mlle Mars. Je le lui maintiens, elle-même veut le garder, et la pièce sera jouée par Mlle Mars ou elle ne sera pas jouée du tout." (Carton 3, liasse 3, lettre 41). Finalement, la pièce est jouée, mais il n'y a que quatre représentations, malgré les efforts de Talma et de Mlle Mars. Lebrun est découragé par cet échec et ne publie plus aucune pièce de théâtre.

En poésie, Lebrun a aussi marqué les esprits. Grand admirateur de Napoléon, il a écrit deux odes à sa gloire, dont la seconde, sous la Restauration, lui a valu quelques problèmes. Pourtant il n'a pas voulu se distinguer en écrivant l'Ode sur la mort de Napoléon. Claude Lenient a fait une conférence à la Sorbonne, en 1866, sur les oeuvres de Lebrun, et il rapporte ces mots : "J'ai fait ces vers parce que je n'ai pas pu faire autrement ; je les ai faits dans la solitude, à la campagne, au moment où la surprenante nouvelle m'est arrivée. Ce n'est pas un sujet que j'ai choisi ou médité. J'ai été ému, mon émotion s'est répandue en vers, et ce poème s'est trouvé fait ; voilà tout." (Carton 15, liasse 3, document 23).

Ode à la grande armée : "Suspends ici ton vol ; d'où viens-tu, Renommée ? / Qu'annoncent tes cent voix à l'Europe alarmée ? / Guerre. Et quels ennemis veulent être vaincus ? / Allemands, Suédois, Russes, lèvent la lance ; / Ils menacent la France. / Reprends ton vol, Déesse, et dis qu'ils ne sont plus."

Ode sur la mort de Napoléon : "L'astre dont la splendeur couvrait l'Europe entière / Soudain vient de descendre et pour jamais a lui ; / Le siècle qui marchait brillant de sa lumière, / Dans la nuit achevant une obscure carrière, / Semble finir, descendre et s'éteindre avec lui. / Un grand homme n'est plus, et pour jamais a lui / L'astre dont la splendeur couvrait l'Europe entière.



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