De nombreux auteurs souhaitent intégrer l'Académie française. De prestigieux écrivains y ont déjà siégé, comme La Bruyère ou Voltaire.
Mais la concurrence est dure et chaque auteur a ses astuces pour séduire le plus d'académiciens et ainsi obtenir leur voix.
Lebrun, étant membre de l'Institut, a reçu de nombreuses lettres de candidatures d'écrivains.
Le Comte de Ségur, académicien lui aussi, a écrit à Lebrun le 18 octobre 1829, pour que celui-ci donne sa voix à son fils.
Pour influencer le vote de Lebrun, il insiste sur le fait que son fils commence à prendre de l'âge et donc a la priorité par rapport aux autres candidats. Puis il rappelle à Lebrun qu'il a voté pour lui lors de son élection et qu'il aurait plaisir à ce qu'il lui rende ce service.
La lettre du Comte de Ségur joue sur les sentiments. Il en appelle au bon coeur de Lebrun, car la nomination de son fils rendrait ses derniers jours plus heureux. (Carton 4, liasse 3, lettre 26).
Philippe-Paul de Ségur est élu en mars 1830.
Lamartine aussi souhaite être académicien. Il écrit le 28 octobre 1829.
Il s'est renseigné tout d'abord pour savoir si Lebrun s'était déjà engagé et voir si le candidat de son choix avait des chances de gagner.
Ce n'est pas le cas. Lamartine le flatte, en lui disant quelle serait sa joie d'être nommé grâce à lui, et il lui rappelle combien il aime ses vers. (Carton 4, liasse 3, lettre 27).
Lamartine s'était présenté pour la première fois en 1824 et c'est en novembre 1829 qu'il est enfin élu.
C'est en 1841 que Tocqueville pose sa candidature à l'Académie française.
Il écrit lui aussi à Lebrun deux lettres, une du 16 fevrier 1841 et une autre du 29 juin 1841.
Contrairement au comte de Ségur et à Lamartine, Tocqueville met l'accent sur les oeuvres qu'il a écrites. Il ne tente de séduire Lebrun d'aucune façon. (Carton 6, liasse 3, lettres 27 et 60). Tocqueville est élu en décembre 1841.
Sainte-Beuve convoite aussi une place. Etant un ami de Lebrun, il n'écrit pas pour lui demander sa voix, car il sait qu'il va l'obtenir, mais plutôt pour le tenir au courant des arrangements en cours. Dans sa lettre de février 1844, il tient Lebrun au courant des négociations avec Vigny pour que celui-ci retire sa candidature en faveur de Sainte-Beuve et de Mérimée. (Carton 7, liasse 1, lettre 9). Sainte-Beuve et Mérimée sont élus en mars 1844, tandis que Vigny l'est en 1845.