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L'Académie française a été créée en 1635 par Richelieu. Le but de cette réunion d'hommes de lettres était de fixer les règles de la langue française.
De cette mission, découlait la création d'un dictionnaire, relevant tous les mots français dans leur bonne orthographe et donnant leurs sens.
Il était régi par des principes bien définis de rédaction et de présentation. Par exemple, aucune citation d'auteur ne se trouve dans le dictionnaire.
La première édition date de 1694. Lebrun a envoyé l'édition de 1835, qui marque un retour à l'étymologie, à son ami Béranger, farouchement hostile à l'Académie. Il répond à cet envoi par une lettre, datée du 5 novembre 1835.
"Me voilà donc un dictionnaire de l'Académie ! Que je vous dois de grâce, mon cher ami, pour ce présent qui me met à même de juger encore mieux de la petitesse de vue de messieurs nos beaux esprits [...].
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Mais, pour Dieu, mon cher Lebrun [...], examinez, je vous prie, quelques mots de ce gros livre, et vous tomberez de surprise par la niaiserie, la nullité des définitions, et surtout par l'absence totale de toute portée philosophique [...]. C'est donc encore et toujours à de véritables philosophes qu'il appartient de poser la loi des langues, et non à une réunion de rimailleurs ou d'écrivassiers, qui ne se sont même jamais donné la peine d'approfondir la langue, dont ils ne se servent trop souvent que comme de leurs jambes et de leurs bras, comme de leur fourchette et de leur cuillère. [...] Et pourquoi, je vous prie, deux si gros volumes ? Est-ce pour dire au mot Athée : c'est un athée ; il passe pour un athée ; une secte d'athées ? A quoi servent ces membres de phrases ? Au mot Adieu, dans un des paragraphes : Adieu, en voilà assez, le dictionnaire ajoute : locution familière dont on se sert quand on veut congédier un importun. Trouvez-moi quelque chose de plus ridicule. Adieu, en voilà assez ! La belle phrase à mettre dans un tel livre, et qu'elle est bien nécessaire [...] ! Ce qui me fâche, c'est de penser que vos messieurs vont en entreprendre un qui ne sera pas meilleur, et qui coûtera sans doute encore beaucoup plus cher."
Béranger se montre très critique vis-à-vis du dictionnaire, mais il n'est pas le seul. Un journal allemand, la Gazette d'Augsbourg, du 10 novembre 1858, fait preuve d'ironie : "Paris, le 6 novembre. On a calculé que le dictionnaire étymologique de la langue française, rédigé avec la célérité qu'y met l'Académie française, sera terminé l'an de grâce 2358, en supposant que, d'ici là, aucun événement extraordinaire ne viendra interrompre la publication des cinquante volumes qui restent à être rédigés, calcul fait d'après le premier qui, chose remarquable, se termine par le mot abusivement. L'ouvrage entier aura coûté 5 550 000 francs." (Carton 11, liasse 4, lettre 179²).
La neuvième édition du dictionnaire de l'Académie française a commencé à paraître à partir de 1986. |