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La censure s'est maintenue durant tout le XIXe siècle et selon les différents régimes politiques au pouvoir.
C'est un va-et-vient incessant entre liberté et censure plus ou moins sévère.
Les journalistes ont été les premières victimes de ces mesures et les écrivains ont dû aussi se soumettre à un contrôle de leurs oeuvres par des commissions spécialisées.
Le pouvoir veut contrôler la force que représentent les lettres, mais en muselant les littérateurs, il se produit l'effet inverse puisqu'ils se révoltent.
De nombreux auteurs ont été censurés, certains pour leurs idées et d'autres ne recherchant pas le conflit, mais juste à publier leurs travaux.
La censure, n'ayant pas pu se mêler directement aux querelles du romantisme, a pris sa revanche en s'opposant pour différentes raisons à des représentations.
Lebrun a fait partie de ces victimes puisque son Cid d'Andalousie a eu bien des difficultés à être joué.
Pour que la situation se débloque, Lebrun écrit une lettre à Chateaubriand, en novembre 1823.
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Il explique son cas : "Le Cid d'Andalousie, après plusieurs mois d'attente, avait été renvoyé à son auteur avec notification de la part d'un censeur de corriger et de supprimer certains morceaux et certains vers, qu'ils jugeaient convenable de ne point laisser entendre au théâtre. Ces morceaux ont été corrigés et offerts de nouveau à l'approbation de la censure [...]. Les censeurs n'avaient donc, lorsque l'ouvrage leur a été présenté pour la seconde fois, qu'à examiner si les corrections exigées étaient bien ou mal faites. Ils avaient jugé la pièce en masse, ils n'avaient plus qu'à en discuter les détails, et cependant, contre toute règle, Le Cid d'Andalousie se trouve ajourné, sans qu'on en veuille donner officiellement une seule raison [...]. On a l'espoir que si M. de Chateaubriand entendait l'ouvrage, le jugement qu'il pourrait en porter ne serait pas sans beaucoup d'influence. On ne prétend pas en appeler d'un ministre à un autre ministre, mais seulement obtenir l'intervention d'un homme de lettres qui fasse autorité, et qui, par le haut rang qu'il occupe dans la politique comme dans la littérature, est le juge naturel d'une affaire qui tient à l'une et à l'autre." (Carton 16, liasse 2, lettre 255). L'affaire est réglée et la pièce peut être jouée en 1825.
Un ami de Lebrun, Claude Lenient, professeur à la Sorbonne, a vu ses écrits censurés. Il écrit à Lebrun, le 20 juillet 1866, pour lui exprimer son ressentiment : "Du ministère de l'Intérieur, où l'on examine à la loupe tout ce qui doit paraître dans la feuille officielle. Certains myopes clairvoyants me rappellent les docteurs sorbonistes du temps passé ou les censeurs du Cid d'Andalousie [...]. Mais la grosse critique, le point capital, la pierre d'achoppement, c'est ce maudit nom de Victor Hugo, que je ne puis effacer tout entier dans une histoire de la poésie contemporaine [...]. Je ferai toutes les concessions possibles et raisonnables, [...] pourvu qu'on ne me demande rien qui soit contre ma conscience ou qui ressemble trop à un suicide." Lenient lui renvoie un second courrier après avoir récupéré son article, le 10 août 1866 : "La première [épreuve] raturée, mutilée et martyrisée par la censure du ministère de l'Intérieur [...]. Mais j'ai été fort surpris de trouver là une liste de noms suspects ou réprouvés, qui me semblent bien inoffensifs aujourd'hui : Mme de Staël et son salon mis à l'index. " (Carton 16, liasse 2, lettres 18 et 21). |