Introduction
Portrait de Lebrun
 Images de l'Académie française
 Aperçu de la vie littéraire
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Les écrivains

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Les lettres sont souvent le lieu d'échanges d'idées, de points de vue.
La correspondance de Lebrun n'échappe pas à cette règle.
Béranger, qui ne cache pas ses pensées, parle de Lamartine dans une lettre du 14 avril 1836 :
"Avez-vous lu Jocelyn ? Ce poème m'a étonné et ravi.
Voilà une poésie bien française, malgré ses longueurs et de nombreux et méchants vers.
Je trouve qu'on n'apprécie pas convenablement cet ouvrage. Moi qui ai toujours rêvé une poésie qui fût bien à nous, qui fût bien nous, je vous assure que j'ai éprouvé un grand bonheur à cette lecture.
Si cela pouvait faire tomber le prétendu lyrique dont on nous accable depuis tant d'années !
Et Lamartine est un des coupables. Selon moi, Jocelyn est le plus beau monument de notre poésie nationale.
Pourquoi faut-il qu'il soit déparé par une fatuité de négligence impardonnable." (Carton 5, liasse 3, lettre 17).
Cependant, tout le monde n'a pas le même avis que Béranger sur Lamartine.
Le chancelier Pasquier, un académicien, écrit à Lebrun, le 2 septembre 1850, pour lui dire son opinion sur les oeuvres du poète :
"Lisez-vous quelquefois Les nouvelles confidences de notre autre grand homme de plume et d'Etat, le sauveur Lamartine ?
Et bien M. de Lamartine a un fond de descriptions, de bouches, de nez, de cheveux de toutes couleurs, de beaux yeux, noirs ou bleus, comme on les demande, étincelants ou langoureux,
et, en y ajoutant un autre fond non moins riche de descriptions locales, où se trouvent les épis dorés, les prés, les champs, les vallées, les montagnes,
les églises grandes et petites, les palais, les villas, les chaumières, il a de quoi composer à volonté, les nouvelles, les romans, qui, sous une forme ou sous une autre, vont remplir les feuilletons et les pages de journaux qui savent reconnaître
le bienfait de ces communications, par des salaires convenables et suffisamment dignes des mérites d'un grand auteur devenu malheureusement famélique." (Carton 7, liasse 5, lettre 31).
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Lebrun donne aussi son avis à propos des oeuvres de ses amis. C'est ce qu'il fait dans une lettre du 18 août 1861, adressée à Thiers. Lebrun a lu son Histoire du Consulat et de l'Empire, parue entre 1843 et 1869. Il en est admiratif : "Je vous ai lu deux fois [...]. Chaque nouvelle publication ajoute à votre gloire et à l'effet saisissant du grand drame. On ne peut s'arrêter dans cette lecture. On est, si je puis dire, comme essoufflé en lisant, tant on court, tant on est entraîné, tant le récit, quoique développé et détaillé, a un courant rapide [...]. Cette grande oeuvre qui vaudra cent fois plus, assurément, pour votre renommée que tous les ministères du monde. J'espère d'ailleurs que tout à l'heure, quand vous aurez déposé la plume, vous reprendrez la parole, et qu'après l'historien national, pourra venir l'orateur national que vous nous avez laissé entrevoir." (Carton 8, liasse 2, lettre 90). |
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