Introduction

 Portrait de Lebrun

 Images de l'Académie française  Aperçu de la vie littéraire
 
Les conflits
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De par sa position d'auteur, d'académicien et de secrétaire du Journal des savants, Lebrun a été témoin et a participé à de nombreuses querelles d'écrivain.

Feuillet de Conches écrit à Lebrun très en colère, dans une lettre datée du 7 mai 1841. Il se trouve qu'il publie la correspondance de Malebranche et il s'est aperçu que Victor Cousin avait publié des extraits de cette même correspondance dans le Journal des savants : "Je ne puis, néanmoins, oublier que le secrétaire de bureau du Journal des savants était averti du cas en litige [...]. Nul n'a le droit de prendre dans la poche de son voisin ; nul n'a le droit de contrefaire, fût-il professeur de morale : vérités banales, purs lieux communs. Or, les manuscrits de Malebranche, j'avais seul le droit de les publier : je les ai publiés. Car de deux choses l'une : ou le Journal des savants donnera les lettres avant la mise au jour de mon volume, ou après cette mise au jour. Si avant, comme je suis de parole engagé avec un éditeur, ce sera pour moi un devoir de faire honneur à ma parole et de poursuivre pour le couvrir. Si c'est après la publication de mon volume et par conséquent après la signature du contrat de vente, ce sera l'affaire de l'éditeur. Or, tout le monde sait qu'un libraire n'est point en général d'humeur à se laisser contrefaire et à jeter au vent ses dépenses." (Carton 9, liasse 5, lettre 38).

Lebrun, par la place qu'il occupe dans le bureau du Journal des savants, choisit quels articles peuvent figurer dans la revue. Mais c'est sans compter sur les écrivains, qui ne sont pas toujours d'accord avec lui. C'est le cas de son ami Victor Cousin, qui se voit refuser la fin de la publication de plusieurs articles. Il lui écrit deux lettres, les 4 et 6 avril 1852 pour lui dire son mécontentement : "Il y a deux manières d'être désagréable à un auteur d'articles et de détruire tout leur effet : c'est ou de les couper en petits morceaux, devenus par là insignifiants, et qui font durer la publication entière jusqu'à la vie éternelle. C'est encore d'en suspendre la publication, en sorte que, lorsqu'un nouvel article paraît, on ait oublié les précédents [...]. Je proposerai [à mes confrères] ma démission en faveur d'un de mes amis. Cette démission est nécessaire. Vous avez une théorie sur ce que doit être un article du Journal des savants, à laquelle mes vieilles habitudes ne me permettent pas de me soumettre." (Carton 8, liasse 1, lettres 4 et 6).

Un autre conflit va opposer Lebrun avec un de ses amis. Sainte-Beuve a publié un article sur Jean-Jacques Ampère dans le numéro du 1er septembre 1868 de la Revue des deux mondes. Il parle de sa vie privée et de l'inclination de Mlle Cuvier pour lui. Ampère est parti en voyage et Mlle Cuvier a été promise à une autre personne, Achille Duparquet. Malheureusement la jeune femme meurt avant son mariage. Lebrun est un ami de Duparquet et il ne veut pas que l'on pense que Mlle Cuvier s'était engagée par dépit avec lui. Sainte-Beuve, dans une lettre du 11 mai 1868, se défend d'avoir révélé le premier cette histoire : "En effet, ma détermination est absolue [...]. Je n'ai fait qu'une chose : profiter de ce qui a été dit par d'autres et y apporter un degré de précision et un grain de réalité de plus." Dans son article, Sainte-Beuve fait allusion aux protestations de Lebrun : "Des amis intimes de M. Duparquet ont tout fait pour me convaincre (et je suis tout convaincu d'avance) qu'il était parfaitement aimé de Mlle Cuvier mourante, qu'elle l'avait choisi spontanément et en vertu d'un libre penchant [...]. Bien, bien loin de moi la pensée de vouloir contredire ou infirmer de semblables témoignages." Sainte-Beuve maintient quand même son point de vue, tout en essayant de ne pas se fâcher avec Lebrun.



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