Né le 25 septembre 1787 à Fumay (actuel département des Ardennes), mort à Saint-Germain-en-Laye en 1871, Paravey étudia à l’école centrale de Charleville-Mézières et fut admis à l’Ecole polytechnique dès 1803, avant de suivre les cours de l’école d’application des Ponts et Chaussées (1806). Le jeune ingénieur effectua des missions à Mons, Bruxelles, Gand, Arles, Clermont-Ferrand. Lieutenant du génie en 1813, il intégra définitivement l’administration des Ponts et Chaussées à partir de 1814 et partit en retraite en 1848. Parallèlement, il fut sous-inspecteur de l’école Polytechnique en 1816 et travailla à son maintien alors que le gouvernement voulait la supprimer. Il participa à la fondation de la Société asiatique en 1822. En effet il commença à exposer sa théorie dès le début 1820 - et continua à le faire jusqu’ à la fin des années 1860 - dans des études relatives à la mesure du temps, à la cosmologie, au zodiaque, aux phénomènes linguistiques, aux mythologies. En fait il était obsédé par la question de l’origine des civilisations, qu’il voulait absolument commune et issue d’un centre unique situé au Proche- ou au Moyen-Orient avant le déluge. Or sa démarche scientifique s’accomplissait dans un catholicisme strict et fidèle à la tradition biblique, tout en se révélant originale par son comparatisme très étendu.
Ses pérégrinations intellectuelles le menaient de l’Egypte ancienne aux Amériques, du grand Nord aux mers australes, de l’Europe antique à la lointaine Asie, la Chine surtout1. Grand voyageur en France et à l’étranger, il noua de nombreux liens directs puis épistolaires dans les milieux savants de province et d’Europe2. Il adressa ou présenta régulièrement pendant près d’un demi-siècle une multitude de travaux à l’Académie des sciences3, mais ne devint jamais membre de l’Institut, où il eut nombre de détracteurs : traditionaliste s’opposant à Biot, Arago, ou encore Humboldt, aux matérialistes en général, il publia le plus souvent dans les Annales de la philosophie chrétienne, dans L’Université catholique ou encore dans La France littéraire, artistique et scientifique (Lyon) et ne put même faire passer que deux articles dans le Journal asiatique4. Il eut enfin un attachement très personnel pour les Pyrénées.
C’est essentiellement la diversité géographique liée à sa méthode de recherche et à ses prédilections que l’on retrouve dans la composition de la collection de ses livres donnée à la Bibliothèque Mazarine.