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Exposition organisée en partenariat avec la BnF et la Bibliothèque Sainte-Geneviève à l'occasion de la parution de l'ouvrage : Edition et diffusion de l'Imitation de Jésus-Christ (1470-1800), sous la direction de Martine Delaveau et Yann Sordet, Paris, BnF ; Bibliothèque Mazarine ; Bibliothèque Sainte-Geneviève, 2011, 514 p.
L’Imitation de Jésus-Christ est née de la réunion, peu avant 1430, de quatre traités dont on attribue la composition à Thomas a Kempis (1380?-1471). C’est l’œuvre phare de la devotio moderna, mouvement qui a exercé une influence considérable dans le renouveau spirituel et intellectuel de l’Europe à la fin du Moyen-Âge, représentant une forme d’humanisme tourné vers les préoccupations religieuses, appuyé sur les Évangiles, légitimant la sensibilité et la méditation individuelle, développant une pédagogie nouvelle et un esprit réformiste. Déjà largement répandue par la copie manuscrite, l’œuvre connut à partir de 1470, grâce à l’imprimé, une diffusion éditoriale massive et continue. Si l’attribution à Kempis est aujourd’hui largement confirmée, depuis près de six siècles l’Imitatio a été assignée à près de 40 auteurs différents, dont le chancelier de l’université de Paris Jean Gerson (XVe siècle) et un hypothétique bénédictin italien du XIIIe siècle, Giovanni Gersen. La question a suscité de vives controverses au XVIIe siècle, à une époque où l’attribution des textes devenait un enjeu de la République des lettres. Gabriel Naudé, bibliothécaire du cardinal Mazarin, est alors intervenu de manière décisive dans cette polémique savante qui aborda également le terrain judiciaire. A l’occasion de la parution de l'ouvrage de référence cité ci-dessus, la Bibliothèque Mazarine organise une exposition sur ce best-seller de l’édition européenne. Les données rassemblées permettent aujourd’hui d’affirmer que l’Imitatio représente le livre le plus diffusé et le plus lu en Europe après la Bible, de la fin du Moyen Âge jusqu’au début de l’époque contemporaine. Traduite dans la plupart des langues européennes, puis en langues orientales, elle a rencontré plusieurs courants spirituels (la Réforme, l’humanisme chrétien, la Contre-Réforme, le jansénisme), et suscité l’intérêt d’éditeurs, d’illustrateurs ou de traducteurs dont les motivations sont autant dévotionnelles que philologiques, poétiques ou pédagogiques. L’exposition, organisée autour de quelques manuscrits et d’une quarantaine d’exemplaires remarquables conservés à Paris (Mazarine, BSG, BnF, Petit Palais), montre la variété des formes que prit l’Imitatio du Moyen-Âge à l’époque romantique : diversité des traductions et des versions, des formats, des conditions (des reliures de luxe aux objets les plus modestes), des illustrations (des gravures sur bois « populaires » aux cuivres d’Abraham Bosse ou de François Chauveau). Les premières impressions sont présentées, de la princeps latine d’Augsburg (1470) aux premières éditions allemande (1486), française (1488) ou anglaise (1502-1504) ; ainsi que les éditions qui ont fait date dans l’histoire de sa mise en page, celles qui firent polémiques (la version donnée par Costantino Caetani en 1616 à l’appui des thèses gersénistes), ou celles qui donnèrent lieu à la fabrication de livres remarquables (l’édition donnée par l’Imprimerie royale en 1640, celle commanditée par Monsieur en 1788 ou la bodonienne de 1793). L’exposition évoque également les motifs récurrents de l’illustration de l’Imitatio, ainsi que les grands cycles gravés qui accompagnèrent sa diffusion aux XVIIe et XVIIIe siècle. Sa place dans l’histoire des collections n’est pas oubliée : la très forte convoitise bibliophilique dont a fait l’objet l’Internelle consolation imprimée à Paris par Yolande Bonhomme en 1554, constitue à cet égard une découverte. On évoque également le rôle joué par Henri Delaunay, qui constitua au XIXe siècle la plus importante bibliothèque spécialisée sur le sujet jamais réunie en mains privées, et celui, fondateur, joué par Gabriel Naudé dans les vives polémiques que suscita au début du XVIIe siècle la question de son attribution.
Le catalogue de l’exposition est publié par la Bibliothèque Mazarine en collaboration avec les Éditions des Cendres.
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