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Madeleine de Scudéry, l'illustre Sapho, née au Havre le 15 novembre 1607 et morte à Paris le 2 juin 1701, fut l'une des premières et des plus grandes femmes de lettres françaises du Grand Siècle. Elle nous a en effet livré une oeuvre littéraire particulièrement riche et variée dans ses formes et moderne dans les thèmes abordés (égalité des sexes, vision du mariage, éducation et instruction des femmes). Depuis les années 1970, après de longues années d'oubli ou de dénigrement, l'oeuvre de Madeleine de Scudéry fait de nouveau l'objet de nombreuses études. Afin de lui rendre hommage à l'occasion du quatrième centenaire de sa naissance, la Bibliothèque Mazarine vous propose de parcourir son oeuvre à travers les ouvrages anciens et modernes de ses collections. Madeleine de Scudéry fut l'une des plus brillantes représentantes de la "préciosité". Dans un contexte marqué par les condamnations d'un Boileau et les moqueries d'un Molière à l'égard de ce courant littéraire, cela certes, lui valut bien des critiques mais ne l'empêcha pas de renconter un large public. "Les étrangers qu'une louable curiosité atiroit à Paris, n'y trouvoient rien d'aussi rare, ni d'aussi merveilleux... On a vû des souverains ne recomander autre chose aux princes leurs enfants qui venoient en France, que de ne point retourner auprés d'eux sans avoir vu Mademoiselle de Scudery. M. le prince de Paderborn evêque de Munster la regala de sa medaille & de ses ouvrages. La reine Christine de Suede l'honora de ses caresses, de son portrait, d'un brevet de pension, souvent de ses lettres, toujours de son estime, & même si on l'ose dire, de son amitié... Si les étrangers marquoient tant de veneration pour Mademoiselle de Scudery, la France charmée de posseder un si precieux tresor lui en témoignoit encore davantage. Tout ce qu'il y avoit dans le Royaume de grand & de distingué par la naissance, par le rang, par les emplois, par la beauté, par l'esprit, par le merite & par la vertu, faisoit volontiers les avances pour être conu de cette rare persone...". Grâce à sa notoriété comme femme de lettres, de goût et d'esprit, Mademoiselle de Scudéry bénéficia de certains soutiens financiers qui lui permirent de poursuivre son oeuvre. Ainsi "M. le cardinal Mazarin lui laissa une pension par son testament, M. le chancelier Boucherat lui en établit une sur le seau, que M. le chancelier de Ponchartrain lui a continuée : & le Roi aprés lui en avoir doné en 1683 à la sollicitation de madame de Maintenon une de deux mille francs...". La Bibliothèque Mazarine présente ici un inventaire illustré des oeuvres de Madeleine de Scudéry conservées dans son fonds ancien (ouvrages imprimés avant 1800), complété des références d'ouvrages que la bibliothèque ne possède pas dans ses collections, inventaire suivi d'un recensement des éditions critiques modernes de ses oeuvres ainsi que des études dont cet auteur a fait l'objet. Cette exposition virtuelle a été réalisée par Christine Vogt et Michel Léon, avec la collaboration d'Yves Plunian et Enrico Cima.
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