![]() Madeleine de Scudéry, gravure anonyme du XVIIIe siècle d'après une peinture des années 1650 Res. Far. 8 ° 100-8 |
Madeleine de Scudéry sut se faire une place dans la société littéraire et mondaine de son époque non seulement par son oeuvre mais aussi par le salon littéraire qu'elle anima tous les samedis, à partir de 1657, en son appartement du Marais, rue de Beauce. La fréquentation du salon de Madame de Rambouillet qui avait joui lui aussi d'une grande renommée dans les années 1640 l'aida dans cette entreprise. De nombreux contemporains évoquent, dans leurs écrits, les "Samedis" de Madeleine de Scudéry, témoignant ainsi du rayonnement de ce salon dont on connaît avec assez de précision les habitués. Si l'on en croit Madame de Sablé, ce salon était très réglementé : " Il y avait [au Samedi] un ordre du jour, un appareil presque académique, un procès-verbal des actes, une chronique, un secrétaire qui était Pellisson, et un conservateur des archives de la Société, Conrart". Les travaux littéraires produits par les membres étaient ainsi consignés sans correction par Pellisson dans la Chronique du Samedi. Ce recueil qui comporte 276 feuillets de format in-4°, à reliure en velours bleu turquoise (Bibliothèque de l'Arsenal, Ms15156) permet assurément de mieux connaître la société du XVIIe siècle. Le salon de Madeleine de Scudéry réunissait une société raffinée de gens d'esprit, dont quelques membres éminents de la première Académie française : Valentin Conrart conseiller et secrétaire du roi à partir de 1627 et homme de lettres dont les rencontres littéraires furent à l'origine de l'Académie française ; Paul Pellisson, confident et fidèle de Fouquet, puis historiographe du roi en 1668, plus particulièrement connu par ses Mémoires pour la défense de Fouquet et son Histoire de Louis XIV, depuis la mort du cardinal Mazarin en 1661 jusqu'à la paix de Nimègue en 1678 ; Gilles Ménage grammairien et lexicographe
qui a exercé une grande emprise sur la république des lettres jusqu'à l'arrivée de Boileau et Molière, et célèbre pour son ouvrage sur Les origines de la langue françoise,
et son Parnasse alarmé ; Jean Chapelain qui rédigea à la demande de Richelieu la critique du Cid, ou Sentiments de l'Académie sur le Cid ; Jean-François Sarasin qui écrivit deux récits en prose, l'Histoire du siège de Dunkerque et la Conspiration de Walstein ; Gédéon Tallemant des Réaux
mémorialiste et poète plus particulièrement connu pour ses Historiettes, recueil de courtes biographies de ses contemporains ; Christian Huygens mathématicien et astronome qui a, entre autres, laissé un Traité de la lumière et un Nouveau traité de la pluralité des mondes. Le salon de Madeleine de Scudéry réunissait également des femmes célèbres de l'époque, femmes de lettres, courtisanes ou mondaines : la marquise de Rambouillet, Madame de Maintenon, la marquise de Sablé, Ninon de Lenclos, Madame de Sévigné et Madame de La Fayette.
Mademoiselle de Scudéry, illustre Sapho, "reine du pays de Tendre" La chronique du Samedi est également un recueil de la correspondance sentimentale de Madeleine de Scudéry avec deux de ses soupirants, Conrart et Pellisson, et rassemble des lettres empreintes de coquetterie ou de galanterie précieuse, de tendresse, d'amitié ou d'amitié amoureuse. Elle nous livre assurément un des premiers et plus beaux fleurons de ces "terres galantes" qui se formèrent au cours du XVIIe siècle. En effet, Pellisson souhaitant devenir son "tendre" ami, Madeleine traça une carte,
la Carte de Tendre, une représentation topographique et allégorique du pays de l'amour, où l'amant doit trouver le chemin du coeur de sa bien aimée. Cette carte, tout d'abord imaginée dans le cercle des amis des Samedis, fut ensuite publiée en 1654, non sans quelques légères modifications, dans le premier tome de Clélie dans lequel on peut lire : "Vous vous souvenez sans doute bien, madame, qu'Herminius avait prié Clélie de lui enseigner par où l'on pouvait aller de Nouvelle-Amitié à Tendre, de sorte qu'il faut commencer par cette première ville qui est au bas de cette carte pour aller aux autres ; car, afin que vous compreniez mieux le dessein de Clélie, vous verrez qu'elle a imaginé qu'on pouvait avoir de la tendresse pour trois causes différentes : ou pour une grande estime, ou par reconnaissance, ou par inclination; et c'est ce qui l'a obligée à établir ces trois villes de Tendre sur trois rivières qui portent ces trois noms et de faire aussi trois routes différentes pour y aller".
Madeleine de Scudéry : une "précieuse" ou une "précieuse ridicule" ? L' illustre Sapho, aussi dénommée le "nouvel oracle de la galanterie" par son ami l'évêque de Grasse Antoine Godeau, a longtemps été considérée comme la plus précieuse des "précieuses" voire même la "perle des précieuses".
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Cote 8° 90668 | ![]() La Marquise de Rambouillet, portrait attribué à Gaspard de Crayer |
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Cote 8° 78425 Cote 8° 88915 Cote 8° 84892 Cote 8° 88194 Cote 8° 95087 | ![]() Madame de Sévigné, portrait gravé par Ambroise Tardieu d'apres une peinture de Nanteuil |
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Cote 8° 67940 Cote 8° 61661-1 Cote 8° 103278 |
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Cote 8° 65482 Cote 8° 72206 Cote 8° 83691 Cote 8° 88505 | ![]() Ninon de Lenclos, portrait gravé par G. F. Schmidt, d'après Ferdinand Pina |
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Cote 8° 22282 A-B Cote 8° 64375 [Res] Cote 8° 67653 Cote 16° 962 Cote 8° S 87-267 | ![]() Madame de La Fayette, portrait gravé par B. Roger |
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Cote 4° 17495-28 Cote 8° S 501-11 Cote 8° 48228 Cote 8° 102945 | ![]() Valentin Conrart, portrait gravé par Soliman, d'après Nanteuil |
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Cote 8° 52575 Cote 4° A 15233-31 Cote 8° 30215 Cote 8° 21856 J-N Cote 8° 25201 Cote 4° 18654 A-1 ![]() Portrait de Paul Pellisson |
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Cote 4° 17495-28 Cote 4° 10168 Cote 8° 22618 Cotes 2° 117 et 2° 118 Cote 4° 27640-11 ![]() Gilles Ménage portrait par Daumont |
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Cotes 4° 19541-67/1 et 4° 19541-67/2 Cote 8° S 486-13 Cote 8° 105431 | ![]() Jean Chapelain, portrait gravé par Soliman, d'après Nanteuil |
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