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Mazarinades (1648-1653) : la Fronde, les mots, les presses

Le salut de la France dans les armes de Paris. Paris, 1649 (détail)
du 11 juin 2015 au 25 septembre 2015
Entrée libre du lundi au vendredi, de 10h à 18h
23 quai de Conti, 75006 PARIS

La Fronde (1648-1653), révolte nobiliaire, parlementaire et bourgeoise contre le gouvernement du cardinal Mazarin, premier ministre du jeune Louis XIV et de sa mère la Régente Anne d'Autriche, donna lieu à une production polémique d'une ampleur inédite. Près de 6 000 pamphlets parurent en cinq ans, à Paris mais aussi en province, généralement imprimés en tirages importants ou répétés. Le titre de l'une de ces pièces, imprimée en 1651 et attribuée à Scarron – La Mazarinade – fut retenu pour désigner génériquement ces petits ouvrages qui relevaient d'un modèle éditorial commun, et manifestaient une présentation matérielle plus ou moins uniforme.
En marge de cette « Fronde des mots », quelques Mazarinades prirent des formes plus originales. Certaines n'existèrent que manuscrites, d'autres furent imprimées sous la forme de placards. Les lettrines, vignettes et bandeaux, qui composent le décor minimal ordinaire des libelles, cédèrent ponctuellement la place à des ornements plus précisément liés au texte, et pouvant relever de domaines inattendus (hagiographie, numismatique). On remédia parfois à la rareté de l'illustration des Mazarinades en leur adjoignant des portraits de contemporains, tels ceux diffusés par le graveur Balthasar Montcornet. Les textes eux-mêmes, d'une grande diversité de genre (chanson, récit, harangue...), firent souvent l'objet de réutilisations confinant au plagiat.
Par essence éphémères, les Mazarinades furent néanmoins très tôt collectées voire collectionnées. Un des premiers à s'intéresser de manière globale à ce corpus fut Gabriel Naudé, bibliothécaire et conseiller politique de Mazarin, qui avait entrepris la défense de son maître. Certains ensembles furent constitués par les contemporains comme matériau historiographique, ce qui explique leur conservation aussi bien dans des bibliothèques privées que dans des fonds institutionnels, ecclésiastiques notamment.
Depuis 150 ans, plusieurs chercheurs se sont confrontés à cet important corpus pour en préciser les contours, répertorier les éditions, en identifier les acteurs, en analyser les formes et les contenus : ainsi le bibliographe Célestin Moreau vers 1850, le bibliothécaire Armand d'Artois vers 1900, ou plus récemment Christian Jouhaud et Hubert Carrier. Les archives et une partie des Mazarinades rassemblées par Hubert Carrier (1936-2008) ont été, selon ses intentions, données à la Mazarine en 2011.

Exposition virtuelle

Commissaire de l'exposition : Christophe Vellet

11 juin 2015
25 septembre 2015