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Charles de France, deuxième fils de Charles VII et de Marie d'Anjou, fut sans doute le commanditaire de ce livre d'Heures ; mais selon une autre hypothèse, Louis, bâtard de Bourbon, aurait peut-être eu sa part de responsabilité dans la genèse du manuscrit. Les armoiries du premier apparaissent plusieurs fois (notamment aux ff. 72 bis et 8), attestant que le prince venait de recevoir en apanage le duché de Normandie (1465) et fournissant par le fait même un cadre chronologique vraisemblable à la mise en œuvre, bientôt interrompue, de ce programme iconographique.
Des dix-huit illustrations que contient aujourd'hui le manuscrit, trois sont achevées (l'Arrestation du Christ, le Voyage de Marie et de Joseph à Bethléem, la Nativité), deux autres n'ont été que partiellement peintes (le Massacre des saints innocents, la Crucifixion) ; les autres compositions demeurent à l'état d'esquisse.
Deux peintures qui faisaient jadis partie de cet ensemble ont pu être identifiées et localisées au sein de collections étrangères (une Annonciation conservée aux Cloisters de New-York et une Assomption retrouvée par François Avril en Allemagne).
L'artiste, connu sous le nom de Maître de Charles de France, entreprit pour son client, sans toutefois la mener à son terme, une œuvre attachante, pleine de finesse et d'invention, où l'on perçoit l'influence des peintres flamands, en particulier celle de Barthélémy d'Eyck.
Bibliographie
• Auguste MOLINIER : Catalogue général des manuscrits des Bibliothèques publiques de France, Bibliothèque Mazarine, tome I, Paris 1885.
• François AVRIL et Nicole REYNAUD : Les manuscrits à peintures en France (1440-1520), Paris : Flammarion, Bibliothèque nationale, 1994, pp. 157-162.
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