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Les fantômes de Théophile de Viau (1590-1626). Fortune et infortunes d’un poète libre

Satyre
du 09 octobre 2026 au 09 janvier 2027
Entrée libre du lundi au samedi, de 10h à 18h
23 quai de Conti, 75006 PARIS

« Il faudra qu’on me laisse vivre,  
Après m’avoir fait tant mourir » 

Poète à la destinée tragique et figure fugitive du Grand Siècle, Théophile de Viau est devenu le symbole d’une liberté scandaleuse de penser, d’agir et d’écrire. Son œuvre comme sa vie aventureuse reflètent la difficulté de « courir la carrière » dans une époque traversée de fortes tensions politiques, culturelles et religieuses.

Né dans une famille protestante de petite noblesse gasconne, il s’impose à Paris par son talent poétique et l’appui de protecteurs. Considéré comme le chef de file des lettrés modernes, il est au sommet de sa gloire lorsque des libraires publient le Parnasse satyrique, un recueil de pièces érotiques et matérialistes s’ouvrant par un sonnet qui lui est attribué. Les milieux dévots attaquent en lui la figure de proue du libertinage : le jésuite François Garasse publie sa Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps, et le procureur Mathieu Molé instruit son procès ; une guerre de libelles éclate. Condamné le 18 août 1623 à être brûlé vif avec ses ouvrages, il se défend lui-même à coups de vers, composés dans sa cellule de la Conciergerie puis à Chantilly, où il trouve un ultime refuge, auprès du duc de Montmorency.

Son héritage, entretenu par les rééditions de Georges de Scudéry et Jean Mairet puis par des auteurs tels La Fontaine ou Cyrano de Bergerac, se heurte au classicisme triomphant de Boileau. Estompé de la mémoire collective puis ressuscité par Théophile Gautier, Théophile devient un personnage qui hante les romantiques, les bibliophiles et le monde lettré des 19e et 20e siècles.

À l’occasion du quatrième centenaire de sa mort, l’exposition invite à redécouvrir un moment fécondant de la vie littéraire française. Fantôme d’une époque où l’on pouvait mourir pour des vers, Théophile de Viau participe à l’émergence de la figure de l’écrivain dans la société et interroge la possibilité de penser en poésie, du Grand Siècle à aujourd’hui.

Commissariat :  
Florine Lévecque-Stankiewicz (Bibliothèques Mazarine & de l’Institut de France) 
Sophie Tonolo (Service du dictionnaire, Académie française – Université de Paris-Saclay)

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09 octobre 2026
09 janvier 2027