Pour le livre : dessins de Pierre Bonnard
4 rue des Petits Champs, 75002 PARIS
Exposition à la Galerie de l'Académie des beaux-arts
Galerie Vivienne, 4 rue des Petits Champs, 75002 PARIS
Si les Nabis ont profondément renouvelé l’art de l’illustration au tournant du XIXe et du XXe siècle, Pierre Bonnard (1867-1947) est l’un de ceux qui s’y consacra toute sa vie. Le Petit Solfège illustré, publié en 1893 avec le compositeur Claude Terrasse, marque ses premières recherches pour associer texte et dessin. Déterminante fut aussi sa rencontre avec le cercle d’écrivains et d’artistes qui animaient la Revue blanche, devenue le carrefour de toutes les avant-gardes dans les années 1890. Et lorsque le marchand d’art Ambroise Vollard, en 1900, propose à Bonnard de réaliser des lithographies pour Parallèlement de Paul Verlaine, ils jettent tous deux les bases de ce qui est aujourd’hui considéré comme le premier livre de peintre.
Confortant son engagement pour les arts du livre, Bonnard en fait, au sein de son œuvre, un mode d’expression à part entière. Il multiplie les projets au gré des propositions et de ses amitiés : il met en scène le personnage d’Ubu pour Alfred Jarry, esquisse le voyage en voiture d’Octave Mirbeau à travers le nord de l’Europe, ou bien illustre avec fantaisie les livres pour enfants de Léopold Chauveau… La Sainte Monique, écrite et éditée par Ambroise Vollard, lui offre l’occasion d’expérimenter les différentes techniques qu’offre l’estampe, mêlant lithographie, eau-forte et gravure sur bois. Retiré dans les années 1930 dans le Sud de la France, où il se consacre exclusivement à la peinture, l’artiste renoue toutefois avec l’illustration grâce à l’éditeur Tériade et à Verve, bientôt qualifiée de « plus belle revue du monde ».
Le « dessin c’est la sensation », écrit Bonnard dans ses agendas. Le fonds exceptionnel de dessins du peintre conservé à l’Institut de France, présenté pour la première fois, donne à voir son laboratoire graphique. D’un geste expressif, au graphite ou à la plume, il construit un dialogue avec les textes et chemine à la rencontre des écrivains, déclinant son art, souvent empreint d’humour, dans une grande diversité de registres (poésie, érotisme, théâtre, littérature classique ou enfantine, musique…). Le parcours de l’ensemble de ces projets éditoriaux montre que chacun d’eux fut, pour Bonnard, l’occasion de renouveler profondément sa manière.
Commissariat : Corisande Evesque (Bibliothèques Mazarine & de l’Institut)
& Véronique Serrano (musée Bonnard)